En tant que maman, je me sens seule. Profondément seule dans ma situation.
Vous êtes une maman qui se sent seule, dépassée, parfois au bout du rouleau, avec l’impression que tout repose sur vos épaules, tout le temps, sans assez de pause pour vous en tant que femme ?
Cette fatigue invisible, cette charge mentale permanente, cette lassitude, beaucoup de mamans la vivent… souvent en silence.
Ces phrases vous parlent ?
« Pourquoi les autres y arrivent et pas moi ? »
« Je ne devrais pas me sentir aussi dépassée… »
« Je pète un câble… je craque… »
C’est le résultat d’une société qui a énormément changé et qui, pour beaucoup de parents, a supprimé le “village” qui permettait de partager la charge de l’éducation.
Dans cet article, on explore pourquoi vous pouvez vous sentir seule, comment la charge mentale s’installe, et comment la Communication Non Violente (CNV) peut vous aider à demander de l’aide et à reconstruire du soutien autour du vous.
« Je me sens seule pour tout gérer » : quand la maternité devient écrasante
Beaucoup de mamans épuisées vivent un sentiment de solitude intense.
Cette impression de devoir tout gérer seule, tout le temps, donne une fatigue mentale et émotionnelle importante et surtout CONSTANTE.
La parentalité moderne est devenue extrêmement complexe.
Les attentes sociales sont énormes, le rythme de vie est effréné, et le soutien naturel autour de vous est souvent limité, voire n’existe plus.
Souvent, il y a de la honte à en parler. On peut se sentir “bizarre”. Alors on tire encore plus sur la corde, pour tout donner, parfois jusqu’au burn-out parental total.
La charge mentale des mères : un poids invisible
La charge mentale parentale !
Vous savez, tout ce que vous devez anticiper, organiser, prévoir pour votre famille :
- Les rendez-vous médicaux, les activités des enfants, les courses et repas, la gestion des émotions de façon constructive, le suivi scolaire, etc, etc.
La liste n’en fini pas et surtout elle recommence jour après jour, et peu importante que l’on ait assez d’énergie ou pas…
« Si les autres y arrivent, pourquoi pas moi ? » : le piège de la comparaison
C’est naturel et tentant de se comparer aux autres parents.
Mais avec les réseaux sociaux, la comparaison a explosé : vous ne vous comparez plus à vos voisins ou à votre famille, mais à des centaines, voire des milliers de parents, tous montrant une version parfaite de leur vie. Une vie en rose !
La pression sociale qui pèse sur les mères aujourd’hui
Si vous travaillez beaucoup, vous êtes parfois perçue comme absente…
MAIS si vous restez à la maison, il n’y a bien souvent aucune reconnaissance de toutes les tâches ingrates !
Cette pression invisible est un facteur clé de l’épuisement parental. Elle nourrit la culpabilité et le sentiment d’échec, et fait croire que vous devriez pouvoir tout gérer seule.
C’est faux.
Nous avons fondamentalement besoin de soutien dans l’éducation de nos enfants !
Réseaux sociaux, parentalité idéale et sentiment d’échec
Voir les autres parents “tout gérer” crée un piège mental.
Même en sachant que ce n’est qu’une vitrine, le cerveau mesure quand même, juge, et vous fait douter de vous.
“Si les autres y arrivent, pourquoi pas moi ?”
Cette phrase est trompeuse et épuisante. On se sent encore plus seule.
Elle masque le vrai problème : vous êtes souvent seule dans votre quotidien.
Pourquoi la parentalité d’aujourd’hui n’a rien à voir avec « avant »
À l’époque, les enfants grandissaient dans de véritables « villages » : familles élargies, voisins, adultes référents.
Les tâches étaient partagées, la charge mentale aussi.
Élever un enfant n’était pas l’affaire d’une seule personne, encore moins d’une seule mère.
Le cas inverse existait, mais restait l’exception.
Aujourd’hui, beaucoup de parents vivent loin de leurs proches.
Les rythmes de vie ne coïncident plus.
Quand on travaille, on rentre souvent en courant, avec la tête déjà pleine : préparer le repas, gérer les devoirs, le bain, le coucher…
Et quand on est mère au foyer, il y a parfois un autre prix à payer : moins de reconnaissance sociale, une forme d’invisibilité, de la lassitude… et d’autres ressentis plus difficiles à nommer.
Et pourtant...
Être mère au foyer, comme être parent aujourd’hui, ce n’est pas que cela.
Il y a aussi des moments précieux : la joie de voir son enfant grandir de près, la liberté de certains rythmes, la fierté silencieuse de tenir le quotidien…
Ce n’est pas l’un ou l’autre.
On peut aimer ses enfants et se sentir épuisée ou peu reconnue.
Une maman qui se sent seule peut être reconnaissante et avoir besoin de soutien.
Psst, vous aimez le format podcast ?
Écoutez notre épisode Isolement parental : comprendre pourquoi une maman qui se sent seule a besoin de soutien pour découvrir le vrai coût du village disparu.
Maman épuisée : « Je pète un câble », je suis une maman qui craque souvent !
Relâchez les épaules, prenez une profonde inspiration, on se penche sur ce sujet.
Identifier vos besoins pour comprendre ce qui se cache derrière la colère et la fatigue
Quand vous vous sentez à bout, en colère ou sur le point de craquer, ces émotions ne sont pas là pour vous déranger, vous déstabiliser, parce que vous seriez éventuellement bizarroïde. Non.
Elles sont un signal précieux que certains de vos besoins essentiels, en tant qu’humain, ne sont pas satisfaits.
En Communication Non Violente, on apprend à décoder ces émotions pour comprendre ce qui manque vraiment. Dans ce cas, ça pourrait être (entre autres) :
- Besoin de répit : un moment tranquille. Tranquille, car vous suffoquez dans cette situation. Un moment pour soi, pour respirer, marcher, prendre une douche tranquille, ou simplement fermer les yeux quelques minutes, et avoir la paix (enfin) ! Pourquoi pas tester la sophrologie ?
- Besoin d’aide logistique : partager les tâches quotidiennes comme les repas, le ménage, les courses, ou la gestion des rendez-vous.
- Besoin de lien social : pouvoir parler, échanger, se sentir comprise, sans jugement.
Et pas forcement en parlant que de maternité. En retrouvant aussi sa part de femme.
- Besoin de reconnaissance : que vos efforts soient vus et validés, même dans les petites choses. et surtout pour toutes ces choses ingrates !
Quand une émotion forte surgit, vous pouvez vous demander : “De quoi j’ai besoin là, maintenant ?” Prendre conscience à ce moment précis du ou des besoins peut réduire instantanément la charge émotionnelle et clarifier ce que vous pouvez demander aux autres.
C’est se donner la reconnaissance émotionnelle qu’on ne trouve pas toujours ailleurs.
Demander de l’aide : un acte de lucidité, pas de faiblesse
Demander du soutien n’est pas un signe de faiblesse, c’est un choix responsable pour préserver votre énergie et votre santé.
Même un petit coup de main ponctuel peut transformer votre quotidien :
- Une connaissance de confiance qui garde les enfants 30 minutes pendant que vous soufflez
- Un ami qui vous aide à préparer un repas
- Un conjoint qui prend le relais pour la lessive ou le bain (même si on a pas l’assurance du programme de la machine qui sera sélectionné…)
- Une baby-sitter ou un membre de la famille pour un créneau régulier
Le secret, selon la CNV, est de formuler votre demande de façon claire et bienveillante : expliquer ce dont vous avez besoin, pourquoi c’est important pour vous, et comment la personne peut vous aider concrètement.
Exemple : “Je suis très fatiguée ce soir et j’ai besoin de 30 minutes pour me reposer. Peux-tu garder les enfants pendant que je prends ce moment pour moi ?”
Ce type de formulation réduit la culpabilité et augmente les chances d’obtenir un soutien de l’autre.
1. Observation : partir du factuel
Ici, l’idée est de décrire la situation sans jugement ni interprétation. Comme une caméra completement neutre le verrait.
Pas de reproche, pas de généralisation.
Exemple : “L’évier est rempli de vaisselle”
plutôt que
« Personne ne m’aide ici l’évier est encore rempli»
Cette étape apaise immédiatement la relation, car l’autre ne se sent pas attaqué.
Alors pour arriver à décrire les faits, dans la réalité, ce n’est pas toujours si simple.
Quand la fatigue, la frustration ou la colère sont là, les émotions sont là, pressées de sortir.
Prendre soin de soi en tant que maman
C’est là qu’intervient une étape souvent oubliée, mais essentielle : l’auto-empathie.
Avant de parler à l’autre, on prend quelques instants pour se connecter à soi :
– écouter ce que je me raconte intérieurement (sans filtre, oui oui)
– accueillir l’émotion sans la juger (Par exemple, je sens que je suis furieuse, et en même temps complètement épuisée. Je suis aussi désespérée)
– identifier ce qui me touche ou ce qui me manque (J’aurai tellement besoin de repos, de passer un bon moment avec des amies, en dehors de mon rôle de mère, pour changer)
Cette pause intérieure permet de faire redescendre la charge émotionnelle. Sans elle, l’observation factuelle devient un effort… et l’émotion finit souvent par exploser sous forme de reproche ou de silence tendu.
L’auto-empathie est souvent la condition pour pouvoir parler avec clarté et justesse.
On explore l’auto-empathie plus en profondeur dans un article dédié, car elle est au cœur de la prévention de l’épuisement parental et d’une question centrale que se posent beaucoup de mères : comment prendre soin de soi quand on est maman ?
2. Exprimer son émotion, oser dire ce qui se passe en soi
Nommer une émotion, ce n’est pas accuser.
C’est prendre la responsabilité de ce que l’on ressent.
Dire par exemple « Je me sens dépassée / épuisée / à bout »
Beaucoup de parents n’osent pas cette étape par peur de paraître faibles.
Pourtant, c’est souvent là que la connexion se recrée.
3. Exprimer son besoin en allant à la racine
Derrière la fatigue, il y a presque toujours un besoin non nourri :
repos, soutien, reconnaissance, espace personnel, sécurité…
“J’ai besoin de souffler », « J’ai besoin de temps pour moi »
Cette étape permet de sortir du conflit pour revenir à l’essentiel.
4.Formuler une demande DE SOUTIEN
Tout d’abord, si vous sentez qu’il est difficile de demander du soutien au quotidien, je vous invite à lire l’article complet sur l’aide aux parents dépassés et les freins invisibles qui empêchent de déléguer..
Une demande d’aide n’est pas une exigence, même si parfois on en est bien tenté 🙂
Elle est précise, formulée au présent, et laisse à l’autre la liberté de répondre oui… ou non.
« Peux-tu garder les enfants pendant 30 minutes ce soir ? »
Même si la réponse n’est pas celle espérée, le cadre posé évite l’accumulation de frustration et de non-dits.
SOS maman en détresse : Je m’autorise à demander de l’aide
En apprenant à demander de l’aide avec la Communication Non Violente, vous :
- économisez votre énergie mentale
- diminuez le stress et la charge émotionnelle
- posez des limites plus saines
- et construisez des relations plus équilibrées, dans la durée
La CNV n’est pas une poésie à reciter par coeur dans le but d’avoir ce que l’on veut…
C’est avant tout planter une graine en soi : Celle de l’écoute intérieure, de la compréhension de ce qui se joue vraiment pour soi, de la reconnexion à ses émotions et à ses besoins.
Avec le temps, cette graine permet de mettre plus de clarté, plus de douceur là où il y avait de la dureté, et plus de choix là où l’on réagissait par automatisme.
Parfois, et même certainement souvent au début, il n’y aura pas les « bons mots ».
Ce n’est pas grave. C’est même normal.
C’est un peu comme apprendre une nouvelle langue 🙂
L’intention n’est pas de parler parfaitement, mais de se comprendre d’abord, pour ensuite se faire entendre.
Si vous avez besoin de soutien, je vous accompagne volontiers, à Genève ou en visio, pour vous sentir écoutée et retrouver un temps pour vous, dans votre quotidien.
Les séances sont adaptées à votre quotidien : Certains créneaux sont proposés en soirée, pour 0 contraintes de garde ou de trajet 😉
